lundi 1 décembre 2008

La leçon la plus simple du monde.

Ah, aujourd'hui tu vas kiffer.

Tu sais, il y a les leçons où tu mets un certain temps pour comprendre ce qui est expliqué, et après tu mets un certain temps pour arriver à utiliser ce que tu viens d'apprendre. Et les leçons où tu passes un certain temps devant ta glace à répéter "天気が極暖かくなかったです"...

Eh ben là, non. C'est la leçon la plus simple du monde et tu vas redécouvrir la langue japonaise.

Question : quelle est la plus petite entité de sens en japonais ?

Cherche bien...



























C'est ça : .

Eh ouais ! C'est une lectrice fort dégourdie qui nous avait appris ça quand j'étais en 2è année. Un simple dakuten (濁点) et tu ne changes pas seulement la prononciation, mais aussi le sens !
Un peu comme le "b" en français : quand tu barles cobe ça, on comprend que t'es enrubé (note : cet exemple sort tout droit du cerveau malade de Robert Patrick et n'est pas cautionné par les linguistes des différentes universités françaises).

Le dakuten, donc, sert à renforcer le sens du mot, généralement un giongo (c'est-à-dire une onomatopée retranscrivant le son d'une action, rien à voir avec "l'impermanence de toute chose"...).

Par exemple, si tu as :
刑事はこんこんとドアを叩きました。L'inspecteur a frappé à la porte, il a fait "toc toc", parce qu'il veut pas déranger.

Alors que si tu as :
刑事はごんごんとドアを叩きました。L'inspecteur a cogné du poing sur la porte, il a fait "BLAM BLAM, OH PUTAIN, SORS D'ICI, ON SAIT QUE TU ES LA, C'EST LA POLICEUH !".

En gros.

14 commentaires:

Vincent a dit…

Et bien, tu m'en apprends une belle ce soir mon cher ami. Je ne le savais meme pas, comme quoi, j'ai encore un tas de truc a apprendre.
D'autres exemple tout aussi interessant ? ^^

Ama a dit…

Ça pourrait expliquer les あ゛ qui pullulent dans nos mangas favorites !

Sarah a dit…

Robert Patrick ou comment nous faire commencer une semaine de cours dans la bonne humeur (et en apprenant des choses^^)
C'est pas Cora qui va me contredire :p

Robert Patrick a dit…

@Ama : exactement. J'ai d'ailleurs prévu un (long) article sur le sujet, car je n'imagine pas qu'on puisse envisager l'apprentissage du japonais SANS passer par ce genre de loisirs... :-D

Kai a dit…

En parlant de ça, si tu pouvais proposer quelques exemples de manga intéressants et faciles à se procurer en vo en France pour moins de 15€ le volume dans ce futur article, je suis preneur ^^

uchimizu a dit…

En lisant quelques pages de ton blog, je suis de plus en plus convaincu qu'un ton à la "San Antonio" et un peu d'argot constituent un excellent outil pédagogique.

Il faudrait peut-être le mettre au programme des IUFM.

Je vais rajouter un lien vers ton site dans la page adéquate de mon blog.

Robert Patrick a dit…

@uchimizu : malheureusement, rien n'est moins sûr. Je suis moi-même, mais je ne crois pas que si quelqu'un d'autre essayait d'utiliser le même ton il le ferait aussi bien. J'ai eu des profs qui n'avaient pas du tout cette approche et qui pourtant étaient absolument fabuleux.
Je pense que la meilleure façon d'être pédagogue, c'est d'abord d'avoir des connaissances issues de différentes sources et de les synthétiser, de les remettre en question, de les organiser et ensuite de les transmettre en essayant de garder un fil conducteur.
Nous sommes alors généralement confrontés à 2 solutions, toutes deux porteuses d'avantages et d'inconvénients :
- le manuel de leçon, qui, s'il est bien fait, essaie d'avoir ce fil conducteur et de mettre les notions grammaticales en contexte afin d'en faciliter la mémorisation. Malheureusement, il peut difficilement lier les notions entre elles (genre un chapitre avec toutes les façons de dire "il faut")
- la méthode, qui, si elle est bien faite, présente les notions grammaticales liées (genre le-Dico-qu'il-te-faut qui mentionne les expressions relatives ou ressemblantes). Malheureusement, le contexte fait défaut (on n'a que des phrases d'exemple).

J'essaie de mixer un peu tout, et surtout de faire part de mon expérience en partant du principe qu'il y a de grandes chances que les gens se posent les mêmes questions que je me suis posées. Sauf que des fois t'as un prof qui te répond "je sais pas", ta copine Japonaise qui te répond "c'est comme ça", et tu trouves la réponse à ta question bien des années plus tard, au détour d'un forum ou d'un bouquin chopé au hasard, ou au cours d'une conversation technique parce que ça fait 10 ans que tu fais du japonais et que tu es plus apte à ressentir certaines choses. Ou des fois tu te réveilles le matin avec un insight...
Donc j'essaie surtout de vous faire gagner du temps avec des explications qu'on ne trouve pas systématiquement ailleurs.

Après, pour le ton, je crois que chacun fait sa sauce, mais ça me paraît être l'arbre qui cache la forêt.

Nesterou a dit…

Haaa, que je me marre! L'exemple du policier est excellent! Non seulement c'est marrant, mais en plus on apprend :'). Tu devrais faire un livre sur la langue japonaise, tiens XD
*arrête le lançage de fleurs*

Robert Patrick a dit…

@Nesterou : tu veux sans doute parler du "lancer" de fleurs, mmmh ? :-)

la vésicule a dit…

Je ne suis pas sûr que cela soit tout à fait exact. Est-ce qu'en français, la paire de points du ï constitue la plus petite entité de sens ? (je n'en sais rien) Le dakuten se fixe sur des kana, il ne signifie rien en lui-même. D'ailleurs, la comparaison que tu fais avec le "b" français est du ressort de la phonologie, l'étude des plus petites unités distinctives (mais non porteuse de sens). Donc, oui, en y réfléchissant, je pense que tu te trompes.
Un grand merci pour ce blog que je viens de découvrir via celui de Suppaiku. Sinon, j'avais déjà lu de tes interventions sur forumjapon (je fais parti du forum d'en face, mais ça n'empêche rien).

Robert Patrick a dit…

@la vésicule : la réponse que tu cherches se trouve à la page 50 du Dictionary of Basic Japanese Grammar. C'est bien de réfléchir, mais y a des tas de mecs qui nous ont mâché le boulot, on serait bien con de croire qu'on va réinventer le japonais nous-mêmes.

la vésicule a dit…

Elle est longue l'explication...? :p Faudra vraiment que je me le fasse offrir celui-là. Anyway, ajuster la signification du mot "sens" (le sens de sens) permet déjà tomber d'accord avec ton article.
Et pi c'est vrai, le dakuten, il assourdit la syllabe, ça va de pair avec ton (celle de ta lectrice / celle du bouquin sus-mentionné / peu importe) idée de "renforcement".
A part ça, j'ai juste réfléchi à ce que tu as écrit ; suis pas assez intelligent pour théoriser la langue par moi-même, alors réinventer le japonais...

Robert Patrick a dit…

@la vésicule : j'ai bien peur que le dakuten ne sonorise la syllabe au lieu de l'assourdir... ;-)
L'explication je te la donne, elle fait 2 lignes : "Voiced consonants tend to represent something big, heavy, dull or dirty ; whereas voiceless consonants represent something small, light, sharp or pretty."

la vésicule a dit…

"sonorise", voilà, tu auras rectifié par toi-même.
Merci pour l'explication.
De plus, je m'étais bien planté sur mon premier commentaire, puisque ton exemple utilise "b" sur un plan phonétique et pas phonologique.
Je t'ai bien fait perdre ton temps (désolé), mais moi, je vais mieux me rappeler tout ça.

 
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