lundi 29 décembre 2008

Doubler son vocabulaire en 10 secondes.

Si si, c'est possible.

On ne parle pas d'une méthode bidon genre "maîtrisez la langue japonaise en 30 jours", juste d'un truc tout con qui te permettra d'utiliser de 2 façons différentes (donc doubler) les mots que tu connais déjà (donc en 10 secondes).

J'ai sans doute déjà évoqué le fait que la forme en い des verbes est également une forme nominale.
Tu en déduis qu'à partir des verbes que tu connais déjà, tu peux former des noms. Evidemment, il y a parfois des astuces (comme ajouter "もの"), mais si t'es grave dans l'urgence, tu peux te raccrocher à cette solution.

Quelques exemples :

a) avec les verbes usuels tels que 食べる, 飲む, 買う, on prend la forme en い à laquelle on ajoute もの : 食べ物, 飲み物, 買い物.

b) les verbes intransitifs sont tes amis, car leur forme en い est très souvent un nom que tu peux utiliser tel quel : 断る⇒断り, 決まる⇒決まり, 帰る⇒帰り, etc.

c) ça marche même avec des formes "modifiées" (passif, factitif, etc.) : 知らせる⇒お知らせ.

Ça va te permettre de donner le change en attendant d'avoir un bon dictionnaire de kanji avec lequel tu apprendras des substantifs plus précis à partir de chaque verbe...

mardi 16 décembre 2008

A la demande générale : 的.

Alors aujourd'hui, on va voir 的, qui se prononce てき et qui sert à transformer un substantif en adjectif nominal ou en adverbe, puisque vous savez déjà que les adverbes se forment à partir des adjectifs.

1) construction.

Plus simple tu meurs : tu prends un substantif, genre euh... 暴力 ("la violence") et tu ajoutes 的 pour en faire un adjectif nominal 暴力的な ("violent" / "violente") que tu pourras ensuite transformer en adverbe en remplaçant le な par に, comme d'habitude ⇒暴力的に ("violemment").

2) emploi.

Comme je te l'ai dit, ça s'emploie avec des substantifs, donc évite de l'utiliser avec autre chose, notamment des adjectifs (genre 綺麗 qui deviendrait *綺麗的な).

On m'a cependant demandé ce qu'il en était de 私的, qui peut surprendre.

D'abord 2 cas :
- ou bien ça se prononce してき et ça veut dire "privé", "intime" et donc fais pas ton gars surpris, ça existe.
- ou bien ça se prononce わたしてき et dans ce cas on a une déformation, un abus de langage (désormais courant) qui peut effectivement se traduire "personnellement", mais il faut bien comprendre le contexte. Lorsqu'on exprime son avis, normalement on utilise 私には ou 私としては, et quand il s'agit d'exprimer que quelque chose nous ressemble, on utilise alors 私らしい.
La forme 私的な/に est donc particulière (popularisée par Iijima Ai) : on exprime quelque chose qui ne se contente pas de nous ressembler mais dont on serait à l'origine, c'est donc un peu plus fort dans l'expression de son avis ou de son rapport à la chose qualifiée.

私的には = c'est mon avis, il n'appartient qu'à moi et n'engage que moi.
私的なスカート= c'est une jupe comme moi seule aurait eu l'idée d'en faire (alors que visiblement, non...) / faite pour moi.

Grosso-modo.

jeudi 11 décembre 2008

Robert Patrick répond aux questions que tu ne te poses pas.

Ouais, ouais, je sais bien ce que tu te dis. Tu passes me voir depuis le début de la semaine et pas de nouvel article, alors tu penses que je glande.
Pas du tout.

J'étais sur la rédaction d'un article sur la comparaison en japonais, mais ça veut pas sortir, alors j'ai tout effacé et je repars sur un autre truc.

Alors aujourd'hui, je vais t'expliquer la différence entre les verbes 帰る et 戻る. Parce que des fois les débutants ont du mal.

On commence par le plus simple : 戻る. Ça veut dire "retourner à un endroit". C'est pour ça que tu le trouves sur toutes les pages web en japonais. Nan, pardon, je voulais dire "
sur toutes les pages web en japonais des sites bien conçus". Parce qu'en 2008 y en a encore qui pensent que la touche "retour" de ton navigateur les dispense de mettre la fonction à l'intérieur des pages.

Donc par exemple, tu aimerais bien retourner dans ce délicieux restaurant que tu avais kiffé l'année dernière : 戻る. Tu veux retourner dans le magasin que tu viens de quitter parce que décidément il te faut ce joli pull : 戻る.

Tu vois comment ça marche : 戻る= retourner, revenir.

Maintenant 帰る, ça ne veut dire qu'une chose : retourner à la maison. Ou à l'endroit où tu habites, bref : retourner chez soi.

Et. C'est. Tout.

Et c'est pour ça que quand tu veux rentrer ailleurs que chez toi, on précise avec des composés :
- tu rentres au village natal voir ta famille : 帰郷
- tu rentres dans ton pays parce que ton Working Holiday touche à sa fin : 帰国
- tu rentres à la base après avoir explosé tous les vaisseaux zentradiens : 帰還

vendredi 5 décembre 2008

Détail.

Traumatisé par l'expérience récente de l'utilisation d'un de mes articles, j'ai décidé de placer mes 3 blogs principaux sous license Creative Commons (en fait c'est surtout parce que j'ai vu ça sur ce blog et je me suis dit "hey, pas con !").
Le contenu de mes blogs est donc désormais utilisable n'importe où par n'importe qui, à ces conditions.

jeudi 4 décembre 2008

Avant qu'il ne soit trop tard...

Je ne crois pas avoir insisté énormément sur l'oral en japonais. Principalement parce que je passe par l'écrit (c'est l'inconvénient de ma méthode, mais tu remarqueras que j'ai glissé ça et là des incitations à choper un spécimen autochtone vivant pour t'accompagner dans ton apprentissage...).

Il y a quand même 2 points sur lesquels j'aimerais attirer ton attention :

- les sons "h" en japonais. A force de dire "les zaricots" au lieu de "les haricots", tu as perdu l'usage du son "h" en français et tu te retrouves à dire "niongo" au lieu de "nihongo". C'est mal. Fais attention.

- le son い en japonais est une syllabe à part entière. Donc 最悪 ne se prononce pas さやく comme tu le fais actuellement, mais "sailliyaku" (=さい・あく), comme le font les Japonais. Comme c'est un mot qui revient assez souvent, tu feras bien gaffe à leur façon de le prononcer. Et tu te diras "Ah meeeeeeeeeerde, mais comment j'ai fait pour pas remarquer ça plus tôt ?!!!!".

lundi 1 décembre 2008

Exprimer l'obligation et l'interdiction à partir de la condition en japonais.

Par là, j'entends les "il faut" (obligation) et les "il ne faut pas" (interdiction) à partir d'une construction en "si on fait / ne fait pas...".

Et évidemment, si je mets tout ça dans le même panier, c'est parce que la construction des trois formes que nous allons voir relève de la même logique.

1) condition avec la forme en -ば.

a) construction.

Bon, super simple si tu maîtrises la forme en -ば : tu exprimes une hypothèse, que tu confirmes ou infirmes par la suite.

- si John ne vient pas à la soirée, je n'y vais pas non plus.
- ジョンがパーティーに行かなければ、僕も行かない。

Tu remarques qu'en japonais on n'utilise pas le verbe "venir" s'il ne s'agit pas d'un mouvement vers soi. En français on accepte cet usage parce qu'il y a projection : on se voit déjà à la soirée. En japonais, non : si tu vas à une soirée qui n'est pas chez toi, tu utilises le verbe 行く.

- みんなが行けば、私も行くよ!
- Ah ben si tout le monde y va, je viens aussi !

Même remarque sur l'usage des verbes "aller" et "venir".

2) obligation/ interdiction avec la forme en -ば.

a) construction.

En fait, il y a une astuce, un glissement : tu exprimes ton hypothèse comme dans la version précédente, mais à cette hypothèse tu ajoutes un jugement objectif "c'est mal".
Comme de toute façon "c'est mal", tu dois donc ruser sur l'expression de ton hypothèse :
- si tu veux exprimer une interdiction, tu choisis une hypothèse positive (si on fait A, c'est mal ⇒ donc il ne faut pas le faire)
-
si tu veux exprimer une obligation, tu choisis une hypothèse négative (si on ne fait pas A, c'est mal ⇒ donc il faut le faire).

L'expression de ce jugement objectif se fait avec 2 verbes :
- 行けません, ou à la forme neutre 行けない, "ça ne peut pas aller" (littéralement).
- なりません, ou à la forme neutre ならない, "ça ne donnera rien".

Ah ben oui, je sais bien ce que tu vas me demander : "comment on sait lequel utiliser ?".
ならない est plus fort, on l'utilise donc généralement pour soi-même. Donc en général on utilise plutôt la forme en いけない, et comme tu le vois, on ne l'écrit pas en kanji, parce qu'il n'a pas le sens du verbe de déplacement.

b) emploi.

Dans les faits, cependant, il me semble que l'on utilise la forme en -ば quasi-exclusivement pour une obligation, c'est-à-dire que l'hypothèse doit être à la forme négative.

Exemple :

"je dois me dépêcher" se dira 早くしなければいけない, mais PAS 遅刻すればいけない ("il ne faut pas arriver en retard").
En effet, 遅刻すればいけない s'utilisera pour une question impliquant la réalité de l'hypothèse, c'est-à-dire qu'on ne considère pas la proposition "遅刻すれば" comme un cas général qui donne dans le cadre de sa négation "il ne faut pas arriver en retard", mais bien comme une hypothèse viable, à traduire "si on arrive en retard...".

Dans la phrase : 遅刻すればいけないじゃない!On ne dit pas "tu ne dois pas arriver en retard !", mais plutôt "est-ce que tu ne crois pas qu'il serait impoli d'arriver en retard ?! / ça ne se fait pas d'arriver en retard !". Il s'agit là d'un choix moral plus que d'une consigne stricte.

Pour te simplifier la vie, disons que la forme positive te laisse une alternative, tandis que la forme négative non.
Pour la vraie interdiction, nous utiliserons une autre forme : la forme en -ては+いけない. On y vient dans un instant...

Comme on utilise la forme en -ば quasi-exclusivement dans sa forme négative, tu remarques que ça fait des syllabes à rallonge, une vraie misère pour la bouche.
On utilise donc souvent une forme contractée de l'expression -なければ, qui devient -なけりゃ ou plus couramment -なきゃ : 早くしなきゃいけない。

Dans le cas où le locuteur se parle à lui-même, la première partie peut être conservée
seule, puisqu'on sait forcément ce qui vient après, donc : 早くしなきゃ!'faut que j'me magne !


3) obligation/interdiction avec la forme -てはいけない/ -てはならない.

Tout pareil que la forme en -ば MAIS... s'utilise autant pour les obligations que pour les interdictions (Ohh, peut-être une légère préférence pour les interdictions...)

Exemple :
"je dois me dépêcher"
: 早くしなくてはいけない, ou 遅刻してはいけない. Comme tu veux tu choises.

Pareil que pour la forme en -ば : on a une forme contractée qui est -ては⇒-ちゃ.
Dans notre exemple : 早くしなくちゃいけない, ou 遅刻しちゃいけない.
Et comme pour la forme en -ば, dans le cas où l'on s'adresse à soi-même, la première partie suffit : 早くしなくちゃ!


4) la forme en -ないと+いけない/ダメ.

Tu te souviens que la particule と peut exprimer une temporalité générale, genre 雨が降ると燕が空を低く飛ぶ。 Eh bien ici on reprend cette notion de temporalité et on s'en sert sur une clause négative pour exprimer généralement une obligation, puisque l'hypothèse est à la forme négative.
Et dans les faits, on utilise plutôt ダメ (駄目, que tu ne trouveras quasiment jamais écrit en kanji) que いけない, et l'expression est même tellement lexicalisée qu'on peut se passer de la deuxième partie, un simple -ないと est suffisant (tout le monde comprend qu'après vient forcément un ダメ).

Exemple :

行かないとダメよ!Il faut y aller !
あ!もう8時なの?行かないと!Eh ? Il est déjà 8 heures ? Je dois y aller !

Tu remarques que dans le premier cas il s'agit d'une obligation faite du locuteur à l'interlocuteur, tandis que dans le deuxième cas, et c'est la plupart du temps comme ça que ça se passe avec la forme en -ないと non suivie de ダメ ou いけない, il s'agit d'une réflexion que l'on se fait, d'où l'ellipse (quand c'est toi qui penses, t'as pas besoin d'une phrase complète puisque c'est toi qui penses, donc tu comprends ce que tu penses de toute façon).

Comme nous l'avons déjà vu lorsque nous avons abordé la forme en -お des verbes, la réflexion à soi-même peut également s'appliquer aux autres, lorsqu'on les inclut dans son groupe affectif.

La phrase : もう8時なの?行かないと!peut donc également être traduite (si on n'a pas le contexte) "Il est déjà 8 heures ? On va devoir y aller !", s'il s'agit d'un groupe d'amis ou d'un couple, par exemple.


Résumons :

a) obligation de type "vous devez rendre votre mémoire avant la semaine prochaine" :
- forme en -ば⇒論文を来週までに返さなければならない。
- forme en -ては⇒論文を来週までに返さなくてはならない。
- forme en ないと⇒論文を来週までに返さないとダメだ。

Et si tu te demandes pourquoi j'ai utilisé -ならない alors que je t'ai dit plus tôt qu'on l'utilisait davantage pour soi, voici la réponse : -ならない est plus fort que -いけない, on ne l'utilise donc pas lorsqu'on s'adresse aux autres pour des raisons de politesse. Or là nous sommes dans un cadre administratif où même si ton interlocuteur veut être poli, il doit suivre des règles. Lorsqu'il emploie -ならない, il te signifie donc que l'ordre ne vient pas de lui, mais qu'il s'agit d'un absolu à respecter et qui dépasse votre relation à tous les deux ; même s'il t'aime beaucoup, si tu rends ton mémoire en retard il pourra rien faire pour toi.

b) interdiction de type "
vous ne devez pas entrer dans cette pièce" :
- forme en -ては⇒この部屋に入ってはいけない。

Le Japonais adorant les doubles, voire triples, négations, il est également possible d'utiliser dans certains cas les autres formes pour des interdictions, mais on va s'en tenir aux formules les plus simples, car nous visons l'efficacité. T'auras tout le temps de faire ton malin une fois que tu seras efficace...

Voilà, je crois qu'on a fait le tour de cette question d'obligations et d'interdictions liées à la condition. J'insiste sur ce dernier paramètre, car il y a évidemment bien d'autres façons d'exprimer l'interdiction ou l'obligation en japonais, tu en connais déjà au moins une : la forme en -て下さい (obligation) et -ないで下さい (interdiction).

La leçon la plus simple du monde.

Ah, aujourd'hui tu vas kiffer.

Tu sais, il y a les leçons où tu mets un certain temps pour comprendre ce qui est expliqué, et après tu mets un certain temps pour arriver à utiliser ce que tu viens d'apprendre. Et les leçons où tu passes un certain temps devant ta glace à répéter "天気が極暖かくなかったです"...

Eh ben là, non. C'est la leçon la plus simple du monde et tu vas redécouvrir la langue japonaise.

Question : quelle est la plus petite entité de sens en japonais ?

Cherche bien...



























C'est ça : .

Eh ouais ! C'est une lectrice fort dégourdie qui nous avait appris ça quand j'étais en 2è année. Un simple dakuten (濁点) et tu ne changes pas seulement la prononciation, mais aussi le sens !
Un peu comme le "b" en français : quand tu barles cobe ça, on comprend que t'es enrubé (note : cet exemple sort tout droit du cerveau malade de Robert Patrick et n'est pas cautionné par les linguistes des différentes universités françaises).

Le dakuten, donc, sert à renforcer le sens du mot, généralement un giongo (c'est-à-dire une onomatopée retranscrivant le son d'une action, rien à voir avec "l'impermanence de toute chose"...).

Par exemple, si tu as :
刑事はこんこんとドアを叩きました。L'inspecteur a frappé à la porte, il a fait "toc toc", parce qu'il veut pas déranger.

Alors que si tu as :
刑事はごんごんとドアを叩きました。L'inspecteur a cogné du poing sur la porte, il a fait "BLAM BLAM, OH PUTAIN, SORS D'ICI, ON SAIT QUE TU ES LA, C'EST LA POLICEUH !".

En gros.

Impatience...

Ouais, ouais, je sais que tu t'impatientes, mais figure-toi que c'est maintenant que le japonais devient chaud à enseigner sans l'aide d'un manuel avec des leçons qui abordent un thème spécifique.
Tu sais désormais quasiment tout ce qu'il y a à savoir sur la grammaire japonaise, tu connais toutes les formes verbales, il ne nous reste donc plus qu'à apprendre 99% de la langue japonaise.
C'est-à-dire les concepts : la comparaison, l'apparence, le but, la cause, etc.

Donc je suis en train de réfléchir à l'ordre dans lequel on va voir tout ça, il y aura une leçon cette semaine de toute façon.

lundi 24 novembre 2008

Le factitif, la dernière leçon.

Eh oui, tout a une fin.
Oh, rassure-toi, le blog ne va pas s'arrêter, on a encore tellement de choses à voir !

Cependant, une fois que tu auras appris le factitif, force sera de constater que tu auras fait le tour des formes verbales. Eh oui, après ça, tu sauras tout ce qu'il y a à savoir sur les verbes, le reste c'est que du détail, des expressions lexicales, etc.

Evidemment, ça veut aussi dire qu'à partir de maintenant tu es entièrement responsable de ton niveau de japonais...

Alors le factitif (que certains appellent aussi causatif, mais d'après la définition de Wikipédia, il me semble que factitif est plus adéquat dans le cas qui nous occupe), ça sert à dire qu'on "fait faire" quelque chose, ou qu'on "laisse faire" quelque chose. Tu vas voir qu'à partir de là, on a un tas de possibilités (puisque je te rappelle que le japonais c'est comme les Lego : c'est bien le diable si t'arrives pas à combiner TOUS les éléments qu'on a déjà vus entre eux).
C'est aussi pour ça que nous n'aurons pas d'article sur le factitif-passif, puisqu'à mon sens il ne s'agit que d'une des nombreuses combinaisons possibles à partir du factitif. Nous aurons donc un chapitre dédié, mais pas d'article, genre "oh là là, une nouvelle forme verbale complètement différente !".
Bon.

1) construction.

a) les verbes faibles.

Pour les verbes faibles, la formule ne change pas (hé, maintenant qu'on a vu toutes les formes verbales, tu peux bien l'avouer : franchement, le japonais, c'est pas compliqué, non ?) : on prend le -る final et on le remplace par -させる.

食べる⇒食べさせる manger ⇒ faire manger / laisser manger
見る⇒見させる voir ⇒ laisser voir
見る⇒見せる voir ⇒ montrer

Ah ben oui, pour "faire voir" (= montrer) on utilise 見せる.

b) les verbes forts.

Pour les verbes forts, tout pareil que d'habitude : on prend la forme en あ et on ajoute -せる. Puisqu'on en est à la dernière forme verbale, tu es maintenant en possession de tous les éléments qui te permettent de juger si je suis un sale connard de flinguer les profs qui appellent la forme en あ "base négative" (pour info, en japonais c'est 未然形, qu'on traduit généralement par "forme indéterminée") ou si Robert Patrick a compris un truc qui leur échappe...

買う⇒買わせる
訊く
⇒訊かせる
etc.

c) les verbes irréguliers.

する
⇒させる
くる
⇒こさせる
行く
⇒行かせる

Et. C'est. Tout.
Tu feras juste un peu gaffe, des fois certains verbes très courants voient leur forme contractée, par exemple 行かせる peut donner 行かす ou encore 待たせる donner 待たす. Au niveau du sens c'est EXACTEMENT la même chose, tu peux rapprocher ça des formes potentielles contractées (食べられる⇒食べれる, remember ?).

2) emploi.

Alors évidemment, la première question qui va te venir, c'est "Oui mais alors comment on peut savoir s'il s'agit de "faire faire" ou de "laisser faire", LOL ?".
J'ai plusieurs réponses :
- si tu me suis depuis le début, tu as dû consacrer une partie non négligeable de tes efforts à développer ton intuition.
- les particules に et を vont nous aider.
- des fois on peut pas se tromper.

Par exemple, 死なせる veut FORCÉMENT dire "laisser mourir", vu que "faire mourir" c'est "tuer", qui se dit 殺す.

Comment ça marche ? (note : ne t'étonne pas de trouver quelques troublantes ressemblances entre mes explications et celles données par le-Dico-qu'il-te-faut, je t'ai déjà dit qu'il fallait vraiment être un sale con prétentieux pour croire qu'on pouvait faire mieux que ce qui se faisait déjà de mieux. Et je n'ai pas cette prétention, donc je prends la connaissance où elle se trouve).

3 paramètres entrent en jeu dans le choix des particules et l'usage du factitif, ce sont :
- la transitivité ou l'intransitivité du verbe
- la volonté ou non de celui à qui on fait faire quelque chose
- le statut des intervenants.

a) に ou を ?

Soit A celui qui fait faire et B celui qui "subit" l'action dans tous nos exemples, pour plus de clarté.

Si le verbe est intransitif (aller, parler, etc.), on considère généralement que に indique une volonté de la part de B, le factitif se traduira donc par "A a laissé B faire quelque chose". Nous voyons dès lors 2 cas de figure dans lesquels on ne pourra pas utiliser la particule に :
- le cas où on force B à faire l'action, par exemple 母は弟を無理矢理学校へ行かせました。"ma mère a obligé mon frère à aller à l'école".
- le cas où B n'est pas pourvu de volonté, par exemple : ケーキを腐らせてしまいました。"Mince, j'ai laissé le gâteau moisir !".
Note que dans le cas du verbe intransitif, tu peux utiliser soit に, soit を à ta guise, en dehors des 2 cas que nous venons de citer, donc ne va pas t'inventer des règles genre "on utilise を uniquement quand A oblige B à faire quelque chose", car ce n'est PAS le cas !
Par exemple : 彼女を好きなだけに電話で喋らせてあげた。 "J'ai laissé ma copine me parler au téléphone aussi longtemps qu'elle le désirait".

Si le verbe est transitif (donner, raconter, etc.), alors on utilisera la particule に pour indiquer B, car la particule を servira déjà à indiquer l'objet du verbe (puisqu'il est transitif).
俺が作ったケーキを彼女に味わわせてみた。"j'ai fait goûter le gâteau que j'avais fait à ma copine".
Ça me fait penser que j'ai appris ce verbe (味わう) et sa forme au factitif (味わわせる) en lisant るろうに剣心, tiens, je te file l'image, scannée avec amour dans un but purement pédagogique : ici. Au passage, tu peux pas imaginer comment j'ai appris des tonnes de trucs en japonais en lisant
るろうに剣心, donc contrairement à tes profs qui chient sur les "mangasses", je ne peux que te conseiller de te plonger dans la bande dessinée japonaise, le plus tôt sera le mieux.

Alors tu vas me dire : "ouais, mais alors du coup, comment on peut savoir si c'est "faire faire" ou "laisser faire" quand on utilise un verbe transitif, LOL ?".
J'ai plusieurs réponses :
- fais attention au verbe utilisé. Par exemple, 味わわせる veut dire "faire goûter", on se doute donc bien qu'on n'a pas forcé a personne à goûter, sinon on aurait employé un verbe plus coercitif, comme 食う, qui aurait donné 食わせた, "j'lui ai fait bouffer !".
- MAIS !!! Et c'est là que tu vois que tout n'est pas blanc tout n'est pas noir, on a des formes verbales à notre disposition qui permettent d'identifier la relation entre les intervenants.
Par exemple, si on a 味わわせてあげました, on sait qu'on a eu la gentillesse de faire goûter notre gâteau à quelqu'un, tandis que si on a どんな痛みか、アイツに思い切り味わわせてやったぜ!, on se doute que A n'a pas trop demandé son avis à B...

Je t'ai parlé tout à l'heure du statut de A et B, je te donne un exemple directement tiré du Dico-qu'il-te-faut, qui nous dit que lorsqu'on utilise un verbe au factitif, A doit forcément être d'un statut supérieur ou égal à B. La phrase suivante est donc incorrecte :
*私は先生にパーティーに来させるつもりだ。"J'ai l'intention de faire venir notre professeur à notre soirée".

Alors je te vois venir (ne dis pas non, puisque je te VOIS venir !), tu vas me dire "ah ben comment on peut dire qu'on veut faire venir le professeur alors, LOL ?".
Il y a sans doute plusieurs solutions, mais la plus simple serait d'utiliser la forme en -てもらう avec une forme volitive (la forme désidérative ne serait pas assez forte dans ce cas). La forme volitive, je suis pas sûr d'avoir employé le terme la dernière fois, c'est la forme en -おうと思う.
Donc : 私は先生がパーティーに来てもらおうと思っています。

3) let's combine !

Comme je te l'ai déjà dit, en japonais tu peux combiner quasiment toutes les formes entre elles, je ne vais donc pas te faire la liste de toutes les possibilités liées au factitif, nous allons seulement nous attarder sur ce qu'on appelle le "factitif-passif".
D'abord, tu remarques qu'on dit "factitif-passif", et non pas "passif-factitif", tu as donc un indice sur l'ordre dans lequel les 2 formes verbales vont se présenter. Et oui (je me permets de devancer ta question) : on peut avoir une forme de passif-factitif aussi. Tu veux un exemple ? Bon, je te donne un exemple.

田中さんは納豆が好きではないのに、罰ゲームだったから、食べさせられてしまいました。
"Tanaka n'aime pas le nattô, mais comme il s'agissait d'un gage, il a bien été obligé d'en manger".
Tu checkes la forme : 食べる, manger ⇒ 食べさせる, faire manger ⇒ 食べさせられる, être obligé de manger ("subir le fait qu'on nous fasse manger").

友達だったのに、鮫に食われさせました。"C'était son ami, mais il l'a quand même laissé se faire bouffer par les requins".
Tu checkes la forme : 食う, bouffer ⇒ 食われる, se faire bouffer 食われさせる, laisser se faire bouffer.

Bon, t'as eu ton exemple, revenons au factitif-passif. La forme en elle-même, y a pas grand'chose à en dire, sinon que tu vas pleurer au niveau de la prononciation, mais rassure-toi : rien qu'une bonne dizaine d'heures d'exercices quotidiens ne puisse arranger au bout d'une année...
Ce qui nous intéresse, c'est POURQUOI on utilise cette forme. J'ai déjà eu l'occasion d'expliquer ailleurs comment fonctionnait la langue japonaise, mais je vais pas te renvoyer à mes interventions sur ForumJapon à chaque fois que j'y ai dit un truc intelligent, sinon t'es pas rendu...

Alors en fait, si la langue japonaise a autant de pronoms personnels (tu avais remarqué), mais qu'on les utilise aussi peu (tu avais remarqué aussi), c'est parce que par défaut, on estime que c'est le locuteur qui est au centre du discours et c'est généralement dans cette optique que tu dois orienter tes phrases.

Par exemple, si tu dis : 彼女が別れた。"ma copine m'a largué", c'est complètement juste. Mais aussi complètement pas japonais. En effet, tu énonces là un simple fait, alors que la langue japonaise est une langue faite pour blinder ton discours d'émotion. Tu viens de te faire larguer, est-ce que tu crèves pas d'envie d'utiliser une forme en -てしまう ? Est-ce que tu crèves pas d'envie d'utiliser un passif VDM ? Bien sûr que si ! Et le Japonais, tout pareil que toi !

Donc la bonne (= most Japanese-like) façon d'exprimer "ma copine m'a largué" (tu notes qu'en français on utilise une forme active avec ta copine en sujet et toi en victime), c'est :
彼女を別れられてしまいました。
Et là, t'as toujours pas de meuf, mais ta phrase elle pète et les Japonais ils te kiffent !

Tu utiliseras donc le factitif-passif dans le cas où l'on force quelqu'un à faire quelque chose, mais au lieu d'adopter le point de vue de A, tu adopteras le point de vue de B.

"Ma mère a obligé mon petit frère à finir ses lentilles alors qu'il déteste ça."
Traduisons cette phrase telle que la conçoit spontanément ton cerveau :
弟はレンズ豆が苦手なのに、母が弟に食べきらせました。

L'auxiliaire -切る après une forme en -い sert à indiquer qu'une action est menée jusqu'à son terme.

Regarde-moi ça comme ta phrase pue : tu prends ton petit frère en thème, puis tu insères ta mère en sujet, et tu reprends ton petit frère en COS. C'est LOURD au possible, tu cases DEUX FOIS "mon petit frère", et ta mère au milieu, bref, tu salopes complètement une langue faite pour l'ellipse et la légèreté. Sans même parler du manque total d'émotion dans cette phrase, juste les faits et rien que les faits. Beurk.

Alors que le Japonais, lui, il éprouverait de l'empathie pour son petit frère et adopterait donc son point de vue du gars qu'on a obligé à finir ses lentilles. Du coup, comme le verbe final sera associé à ton petit frère et pas à ta mère, tu gardes ton petit frère en thème et tu n'as plus besoin de le remettre en COS (puisqu'il est sujet du verbe au passif), tandis que ta mère devient complément d'agent :
弟はレンズ豆が苦手なのに、母に食べきらせられてしまいました。

Et là, t'as une phrase légère et pleine d'émotion, limite les larmes te viennent en pensant à ton petit frère.

Je pourrais aussi te parler d'une forme factitive spéciale, en -さす, mais je t'en parle pas parce que c'est pas indispensable et que là il est déjà 00h30. Ça se trouve dans le Dico-qu'il-te-faut, page 391.

jeudi 20 novembre 2008

Mea culpa.

Tu te souviens peut-être que je t'avais dit que c'était pas la peine de viser la perfection et l'absolu en kanji dans la mesure où t'allais sans doute pas avoir le genre de job où tu lis des kanji à voix haute tous les jours, genre leur Premier Ministre.

Eh ben j'avais tort.

Tu peux très bien devenir leur Premier Ministre tout en étant une merde en kanji.
 
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