Nous voici enfin à ~たら.
1) construction.
~たら se construit sur la forme accomplie (~た), à laquelle tu ajoutes ら.
Ex :
新しい⇒新しかったら
出来る⇒出来たら
etc.
2) emploi.
On peut employer ~たら soit pour exprimer une succession d'événements réalisés, soit pour exprimer une hypothèse, mais dans tous les cas, la formule mathématique de ~たら, c'est : si [énoncé 1] est accompli, alors [énoncé 2].
Posons-nous un instant pour comparer cette structure avec les deux précédentes :
- nous avons vu que dans le cas de ~ば, [énoncé 1] pouvait rester une hypothèse
- nous avons vu que dans le cas de なら, [énoncé 1] devait être vérifié.
- avec ~たら, [énoncé 1] doit être accompli.
Tu vas me dire : "ouais, mais c'est quoi la différence entre énoncé vérifié et énoncé accompli ?".
Ben tout simplement la temporalité : un énoncé peut être vrai sans être déjà accompli.
Je te donne un exemple :
田中さんが来るのなら、すぐに帰ります。
田中さんが来たら、すぐに帰ります。
C'est quoi, à ton avis, la différence fondamentale entre ces 2 énoncés ?
Dans le premier (ouais, tu m'en veux pas, je te donne la réponse), s'il s'avère vrai que Tanaka va venir, alors je me casse tout de suite. Il est pas encore là, mais puisqu'on me dit qu'il va venir, je m'en vais sans l'attendre (= je veux pas voir sa gueule). La conséquence [énoncé 2] n'a pas besoin d'attendre la réalisation de [énoncé 1] pour être valide, à partir du moment où [énoncé 1] est vrai.
Alors que dans la deuxième phrase, tu traduiras : "dès que Tanaka sera là, je m'en vais". Tu ne t'en vas pas simplement dans le cas où [énoncé 1] est vérifié, tu dois attendre qu'il soit accompli.
Donc dans la première phrase, tu t'en vas "tout de suite", tandis que dans la deuxième tu t'en iras "dès que".
On continue.
Comme la réalisation de [énoncé 1] doit précéder [énoncé 2], on ne peut donc pas utiliser ~たら pour la phrase suivante :
*日本へ行ったら、飛行機で行きます。 *Lorsque je vais au Japon, j'y vais en avion.
En effet, tu as pris l'avion avant d'arriver au Japon, donc [énoncé 1] ne précède pas [énoncé 2].
Dans ce cas, on utilisera とき.
Même chose dans le cas d'un conseil du type : *パリに行ったら、電車で行ってください。*Si tu vas à Paris, vas-y en train.
Puisque [énoncé1] est vérifié mais pas accompli, on utilisera なら : パリに行くのなら、電車で行ってください。
~たら, tu dois déjà le savoir, peut signifier "si" (hypothèse) ou "quand" (temporalité). La question qui te préoccupe est donc : "mais comment on sait quand ça veut dire l'un ou l'autre ?". Forcément.
La réponse est on ne peut plus simple (les Japonais ont pas plus envie que toi de rester dans le flou) : si [énoncé 1] est sûr, ça veut dire "quand". Sinon ça veut dire "si".
Je te donne un exemple :
夜になったら、寒くなるよ。Il va se mettre à faire froid lorsque la nuit sera tombée.
Le fait que la nuit tombe est – pour l'instant – inéluctable. On a donc ici affaire à un ~たら de temporalité.
暇があったら、遊びに来て下さい。
Là, on est un peu dans le flou, cette phrase pouvant vouloir dire :
- passe me voir quand tu auras le temps
- passe me voir si tu as le temps.
Dans le doute, je pencherais plutôt pour la temporalité, mais si je voulais qu'il n'y ait pas de doute, justement, j'utiliserais もし ("si jamais") ⇒もし暇があったら、遊びに来て下さい。, et dans ce cas-là, on serait sûr du sens de la phrase : "si jamais tu avais du temps, passe me voir".
Tu penseras à faire un peu gaffe avec もし, le kanji c'est 若し, que mon ami Tarô avait traduit par "jeune" (en partiel !), puisque c'est le même kanji que 若い (et qu'en plus, en japonais classique, ça marche...).
Donc si tu vois un 若し, c'est もし ! (dans 99,9% des cas).
Comme on vient de le voir, à partir du moment où [énoncé 1] est accompli avant [énoncé 2], ~たら peut servir à exprimer un ordre, une suggestion, une demande ou une action volontaire, ainsi que des événements non-réalisés (du moment qu'on conserve leur réalisation hypothétique comme condition préalable à [énoncé 2]). Euh, tu veux un exemple ?
あの時はお金があったら、あのギターを買っただろう。Si j'avais eu de l'argent à ce moment-là, j'aurais acheté cette guitare. (oui, si tu fais psycho, tu m'as percé à jour : en ce moment j'ai envie d'une nouvelle guitare). Dans la réalité tout cela n'est pas arrivé, mais on a bien la structure [énoncé 1] accompli⇒[énoncé 2].
Par ailleurs, s'il s'agit d'événements passés réalisés, l'agent de l'action de [énoncé 1] ne peut pas entreprendre une action volontaire dans [énoncé 2]. Donc il peut décider de la première action, mais pas de la deuxième. Pour reprendre une phrase d'exemple de la dernière fois :
昨日、パリへ行ったら、偶然に友達と会いました。 En allant à Paris, je suis tombé sur un ami.
On n'a pas fait le déplacement dans le but de le voir.
Voilà en gros pour ~たら.
La prochaine fois on verra と, qui entre dans la même catégorie, et on fera un récapitulatif, avec des phrases où l'on peut utiliser certaines formules et pas d'autres.
jeudi 25 juin 2009
mardi 23 juin 2009
~ば, ~たら et なら (part.2)
Bon, aujourd'hui on va voir ~ば. Il me semble que je t'ai déjà expliqué comment construire avec ~ば, donc on va s'attacher aux conditions d'utilisation.
1) A quoi ça sert ?
A exprimer une hypothèse qui sert de condition à la réalisation de l'énoncé suivant. Mathématiquement : si [énoncé 1] alors [énoncé 2].
Tu vas me dire : "ah ben comme なら, alors !". Non : ici l'énoncé 1 n'a pas besoin d'être vérifié, il peut rester au stade d'hypothèse.
Je te donne un exemple :
Si demain il fait beau, j'irai faire un tennis ⇒ 明日、天気が良ければ、テニスをやりに行きます。
Peut-être que demain il fera beau, peut-être pas, donc pure hypothèse.
En revanche :
Si effectivement demain il fait beau (comme tu me le dis), j'irai faire un tennis ⇒ 明日、天気がいいのなら、テニスをやりに行きます。
Tu piges ? La première phrase ne se base sur rien d'autre que le désir d'aller faire du tennis, à la seule condition qu'il fasse beau, tandis que la deuxième se base sur une information donnée (= demain il fera beau, ou plus japoniquement "il devrait faire beau", 天気が晴れるでしょう) et si cette information est vérifiée, alors on ira faire un tennis.
Comme dit l'expression populaire : "avec des ~ば, on pourrait mettre Tôkyô en bouteille".
2) emploi.
a) volonté.
On peut très bien exprimer une action volitive avec ~ば, c'est ce que nous venons de faire. Je te donne un autre exemple, hypothèse au passé :
あのギターが安ければ、買っただろう。 Si cette guitare avait été bon marché, je l'aurais achetée.
b) L'énoncé 2 peut exprimer un ordre, une suggestion ou une demande, auquel cas l'énoncé 1 ne peut pas être une action.
Donc on peut dire : 暇があれば、手伝ってください。 Si tu as du temps libre, donne-moi un coup de main.
MAIS
*宿題を書けば、一緒にやりましょう。*si tu fais tes devoirs, faisons-les ensemble.
Ici, l'emploi de ~ば est incorrect.
Dans ce cas, on utilisera なら :
宿題を書くのなら、一緒にやりましょう。 si tu fais tes devoirs, faisons-les ensemble.
c) ~ば permet d'exprimer indifféremment des faits réalisés ou non, mais au passé il ne peut exprimer que des faits non-réalisés ou habituels dans l'énoncé 1 :
もっと優しくしてあげれば、捨てられなかっただろう。Elle ne m'aurait sans doute pas largué si j'avais été plus gentil. (fait non réalisé = être gentil)
子供の頃、母が傍にいれば、何も怖くなかった。 Lorsque j'étais petit, je n'avais peur de rien si ma mère était à côté de moi.
En revanche, ~ば ne peut pas exprimer un événement réalisé au passé dans l'énoncé 1, même si cet événement constitue une condition à l'énoncé 2 :
*昨日、パリへ行けば、久しぶりに友達と会いました。*En allant à Paris hier, j'ai rencontré un ami que je n'avais pas vu depuis longtemps.
*二年前、大学でフランス語を勉強すれば、ちゃんとフランス語の学士を得ました。*En étudiant le français à l'université il y a 2 ans, j'ai pu obtenir mon diplôme de français.
Pour ces faits réalisés dans le passé, on utilisera ~たら, puisque comme je te l'ai dégrossi dans mon premier chapitre sur le sujet, ~たら s'occupe d'actions réalisées (d'où la forme accomplie).
Bon, on a fait un peu le tour, pour un gaijin ça devrait faire la blague...
Demain, ~たら !
1) A quoi ça sert ?
A exprimer une hypothèse qui sert de condition à la réalisation de l'énoncé suivant. Mathématiquement : si [énoncé 1] alors [énoncé 2].
Tu vas me dire : "ah ben comme なら, alors !". Non : ici l'énoncé 1 n'a pas besoin d'être vérifié, il peut rester au stade d'hypothèse.
Je te donne un exemple :
Si demain il fait beau, j'irai faire un tennis ⇒ 明日、天気が良ければ、テニスをやりに行きます。
Peut-être que demain il fera beau, peut-être pas, donc pure hypothèse.
En revanche :
Si effectivement demain il fait beau (comme tu me le dis), j'irai faire un tennis ⇒ 明日、天気がいいのなら、テニスをやりに行きます。
Tu piges ? La première phrase ne se base sur rien d'autre que le désir d'aller faire du tennis, à la seule condition qu'il fasse beau, tandis que la deuxième se base sur une information donnée (= demain il fera beau, ou plus japoniquement "il devrait faire beau", 天気が晴れるでしょう) et si cette information est vérifiée, alors on ira faire un tennis.
Comme dit l'expression populaire : "avec des ~ば, on pourrait mettre Tôkyô en bouteille".
2) emploi.
a) volonté.
On peut très bien exprimer une action volitive avec ~ば, c'est ce que nous venons de faire. Je te donne un autre exemple, hypothèse au passé :
あのギターが安ければ、買っただろう。 Si cette guitare avait été bon marché, je l'aurais achetée.
b) L'énoncé 2 peut exprimer un ordre, une suggestion ou une demande, auquel cas l'énoncé 1 ne peut pas être une action.
Donc on peut dire : 暇があれば、手伝ってください。 Si tu as du temps libre, donne-moi un coup de main.
MAIS
*宿題を書けば、一緒にやりましょう。*si tu fais tes devoirs, faisons-les ensemble.
Ici, l'emploi de ~ば est incorrect.
Dans ce cas, on utilisera なら :
宿題を書くのなら、一緒にやりましょう。 si tu fais tes devoirs, faisons-les ensemble.
c) ~ば permet d'exprimer indifféremment des faits réalisés ou non, mais au passé il ne peut exprimer que des faits non-réalisés ou habituels dans l'énoncé 1 :
もっと優しくしてあげれば、捨てられなかっただろう。Elle ne m'aurait sans doute pas largué si j'avais été plus gentil. (fait non réalisé = être gentil)
子供の頃、母が傍にいれば、何も怖くなかった。 Lorsque j'étais petit, je n'avais peur de rien si ma mère était à côté de moi.
En revanche, ~ば ne peut pas exprimer un événement réalisé au passé dans l'énoncé 1, même si cet événement constitue une condition à l'énoncé 2 :
*昨日、パリへ行けば、久しぶりに友達と会いました。*En allant à Paris hier, j'ai rencontré un ami que je n'avais pas vu depuis longtemps.
*二年前、大学でフランス語を勉強すれば、ちゃんとフランス語の学士を得ました。*En étudiant le français à l'université il y a 2 ans, j'ai pu obtenir mon diplôme de français.
Pour ces faits réalisés dans le passé, on utilisera ~たら, puisque comme je te l'ai dégrossi dans mon premier chapitre sur le sujet, ~たら s'occupe d'actions réalisées (d'où la forme accomplie).
Bon, on a fait un peu le tour, pour un gaijin ça devrait faire la blague...
Demain, ~たら !
jeudi 4 juin 2009
~ば、~たら et なら. (part.1)
Il paraît qu'il y en a qui ont du mal avec ces trois-là.
Probablement parce qu'on les classe tous les trois dans la catégorie "sert à exprimer une hypothèse".
Mouaif.
Je vais te donner un truc tout simple pour t'aider dans ta production de japonais ; grosso-modo (très), ça se passe comme ça :
- なら s'appuie sur une information vérifiée.
- たら s'appuie sur une action réalisée (même hypothétiquement).
- ば s'appuie sur une hypothèse.
On va voir tout ça en détail.
1) なら
Pourquoi on commence par lui ? Ben parce qu'il ressemble pas aux deux autres et que c'est celui qui se maîtrise le plus facilement, de par ses contraintes d'utilisation (plus il y a de contraintes, plus t'es sûr de pas te planter).
1) construction.
なら=だ, il se place donc directement après un nom ou un adjectif en -な (形容動詞) et demande の après un verbe ou un adjectif verbal (形容詞, ce que tu appelles fort improprement un "adjectif en -い"), même si, dans la langue courante, on a tendance à zapper ce の de nominalisation.
Personnellement, je mets toujours le の, c'est grave plus classe.
2) emploi.
Le sens de なら, c'est moins une hypothèse qu'une condition mathématique : "si [énoncé 1] est vrai, alors...". De ce fait, tu ne peux utiliser なら qu'après avoir obtenu l'énoncé 1 et l'avoir posé comme vrai. Tu ne peux donc pas construire de proposition avec なら à partir d'un contexte nul. C'est LA contrainte qui fait que tu ne vas jamais le confondre avec les 2 autres.
Par exemple, tu peux très bien balancer à brûle-pourpoint : ああ、彼氏がいればいいな~。 "Ah, j'aimerais bien avoir un mec".
Tu n'as besoin d'aucune information préalable pour exprimer ce souhait.
En revanche, si tu dis, en parlant d'une soirée :
太郎が来るのなら、私は行かない。Si Tarô y va, je n'irai pas.
Tu vois bien que ta première proposition ne relève pas de l'hypothèse mais de la condition.
Est-ce que Tarô ira ou pas, on n'en sait encore rien, mais s'il s'avérait qu'il venait (donc si la condition 1 était réalisée) alors on aurait comme conséquence la proposition 2 : tu n'iras pas.
Cette condition peut être exprimée hors de toute information, en cela elle constitue bien une hypothèse (je sais pas si Tarô viendra, mais au cas où...), ou bien elle peut être la réponse à une information (je sais que Tarô vient et j'en déduis donc mon action).
Dans le même genre, on a des propositions de style :
あいつなら、きっと出来るよ。 Avec lui, pas de problème.
Ici tout est dans le contexte : あいつ fait référence à quelqu'un que l'on connaît, donc à une information qui a été donnée. Impossible de balancer cette phrase hors contexte. Pareil pour le 出来る qui renvoie à une action que l'on connaît forcément. A partir de là, les traductions les plus elliptiques sont possibles, comme celle que j'ai donnée, ou encore "fais-lui confiance". Ça ne ressemble pas mot pour mot à ce qui est dit en japonais, mais c'est pourtant ce qu'il y a de plus proche de ce qui est exprimé.
Maintenant que tu as compris que なら exprimait une condition et non une hypothèse, tu comprends que les phrases suivantes ne peuvent pas être construites avec なら :
*je rentrerai chez moi à 21h. *夜の9時なら帰ります。
*quand je suis au Japon je me déplace en train. *日本にいるのなら、電車で移動します。
Demain on verra ~ば, et on le comparera directement à なら. Après-demain on verra ~たら et on le comparera aux deux autres, comme ça tu auras une vision totale et tu ne confondras plus jamais les 3 (j'avoue, tu aurais déjà dû avoir les 3 aujourd'hui, mais en ce moment je suis dans CLANNAD ~After Story, donc fatalement j'ai passé un peu de temps sur ça).
Probablement parce qu'on les classe tous les trois dans la catégorie "sert à exprimer une hypothèse".
Mouaif.
Je vais te donner un truc tout simple pour t'aider dans ta production de japonais ; grosso-modo (très), ça se passe comme ça :
- なら s'appuie sur une information vérifiée.
- たら s'appuie sur une action réalisée (même hypothétiquement).
- ば s'appuie sur une hypothèse.
On va voir tout ça en détail.
1) なら
Pourquoi on commence par lui ? Ben parce qu'il ressemble pas aux deux autres et que c'est celui qui se maîtrise le plus facilement, de par ses contraintes d'utilisation (plus il y a de contraintes, plus t'es sûr de pas te planter).
1) construction.
なら=だ, il se place donc directement après un nom ou un adjectif en -な (形容動詞) et demande の après un verbe ou un adjectif verbal (形容詞, ce que tu appelles fort improprement un "adjectif en -い"), même si, dans la langue courante, on a tendance à zapper ce の de nominalisation.
Personnellement, je mets toujours le の, c'est grave plus classe.
2) emploi.
Le sens de なら, c'est moins une hypothèse qu'une condition mathématique : "si [énoncé 1] est vrai, alors...". De ce fait, tu ne peux utiliser なら qu'après avoir obtenu l'énoncé 1 et l'avoir posé comme vrai. Tu ne peux donc pas construire de proposition avec なら à partir d'un contexte nul. C'est LA contrainte qui fait que tu ne vas jamais le confondre avec les 2 autres.
Par exemple, tu peux très bien balancer à brûle-pourpoint : ああ、彼氏がいればいいな~。 "Ah, j'aimerais bien avoir un mec".
Tu n'as besoin d'aucune information préalable pour exprimer ce souhait.
En revanche, si tu dis, en parlant d'une soirée :
太郎が来るのなら、私は行かない。Si Tarô y va, je n'irai pas.
Tu vois bien que ta première proposition ne relève pas de l'hypothèse mais de la condition.
Est-ce que Tarô ira ou pas, on n'en sait encore rien, mais s'il s'avérait qu'il venait (donc si la condition 1 était réalisée) alors on aurait comme conséquence la proposition 2 : tu n'iras pas.
Cette condition peut être exprimée hors de toute information, en cela elle constitue bien une hypothèse (je sais pas si Tarô viendra, mais au cas où...), ou bien elle peut être la réponse à une information (je sais que Tarô vient et j'en déduis donc mon action).
Dans le même genre, on a des propositions de style :
あいつなら、きっと出来るよ。 Avec lui, pas de problème.
Ici tout est dans le contexte : あいつ fait référence à quelqu'un que l'on connaît, donc à une information qui a été donnée. Impossible de balancer cette phrase hors contexte. Pareil pour le 出来る qui renvoie à une action que l'on connaît forcément. A partir de là, les traductions les plus elliptiques sont possibles, comme celle que j'ai donnée, ou encore "fais-lui confiance". Ça ne ressemble pas mot pour mot à ce qui est dit en japonais, mais c'est pourtant ce qu'il y a de plus proche de ce qui est exprimé.
Maintenant que tu as compris que なら exprimait une condition et non une hypothèse, tu comprends que les phrases suivantes ne peuvent pas être construites avec なら :
*je rentrerai chez moi à 21h. *夜の9時なら帰ります。
*quand je suis au Japon je me déplace en train. *日本にいるのなら、電車で移動します。
Demain on verra ~ば, et on le comparera directement à なら. Après-demain on verra ~たら et on le comparera aux deux autres, comme ça tu auras une vision totale et tu ne confondras plus jamais les 3 (j'avoue, tu aurais déjà dû avoir les 3 aujourd'hui, mais en ce moment je suis dans CLANNAD ~After Story, donc fatalement j'ai passé un peu de temps sur ça).
mercredi 3 juin 2009
actions réciproques.
Je prépare un gros pavé sur ~たら、~ば et なら, mais en attendant on va parler des actions réciproques, ce qui va nous faire une leçon bien courte et rapidement assimilable.
1) construction.
Tu prends ton verbe à la forme en -い et tu rajoutes le suffixe あう (合う). Tu peux utiliser le kanji, ou pas. J'ai le sentiment qu'on le trouve plus souvent en kanji à la forme non-accomplie et plus souvent en hiragana en forme accomplie. 気のせい?
Exemple :
Yukiko a frappé Megumi : 雪子は愛を殴った。 (Rikaichan te donne des lectures de ouf pour 愛 en prénom, mais pas "Megumi", LOL!)
Yukiko et Megumi se sont foutues sur la gueule : 雪子と愛は殴りあった。
2) emploi.
Là, il va falloir faire un peu plus attention et ne pas transposer systématiquement des actions réciproques du français au japonais. Va pas nous mettre du ~合う dès que tu fais un truc avec quelqu'un, comme "parler" ou "discuter", par exemple.
~合う sert à insister sur une équivalence dans la réciprocité de l'action.
Par exemple, si tu veux insister sur le fait que 2 personnes s'aiment avec la même ferveur de chaque côté : 愛し合う
Que 2 personnes se mettent des pains sans qu'il y ait réellement de vaiqueur ni de vaincu : 殴りあう
Que 2 personnes se sont entretuées (cas typique de l'utilisation de ~合う) : 殺し合う
Que 2 personnes se toisent : 睨み合う
Voilà voilà.
1) construction.
Tu prends ton verbe à la forme en -い et tu rajoutes le suffixe あう (合う). Tu peux utiliser le kanji, ou pas. J'ai le sentiment qu'on le trouve plus souvent en kanji à la forme non-accomplie et plus souvent en hiragana en forme accomplie. 気のせい?
Exemple :
Yukiko a frappé Megumi : 雪子は愛を殴った。 (Rikaichan te donne des lectures de ouf pour 愛 en prénom, mais pas "Megumi", LOL!)
Yukiko et Megumi se sont foutues sur la gueule : 雪子と愛は殴りあった。
2) emploi.
Là, il va falloir faire un peu plus attention et ne pas transposer systématiquement des actions réciproques du français au japonais. Va pas nous mettre du ~合う dès que tu fais un truc avec quelqu'un, comme "parler" ou "discuter", par exemple.
~合う sert à insister sur une équivalence dans la réciprocité de l'action.
Par exemple, si tu veux insister sur le fait que 2 personnes s'aiment avec la même ferveur de chaque côté : 愛し合う
Que 2 personnes se mettent des pains sans qu'il y ait réellement de vaiqueur ni de vaincu : 殴りあう
Que 2 personnes se sont entretuées (cas typique de l'utilisation de ~合う) : 殺し合う
Que 2 personnes se toisent : 睨み合う
Voilà voilà.
jeudi 7 mai 2009
La succession d'événements.
Aujourd'hui, nous allons voir les formes les plus couramment utilisées pour exprimer que 2 événements se succèdent. Bien entendu, un certain nombre de conditions permettent de déterminer quelle forme utiliser et c'est bien pour cela que nous étudions ces formes dans un même chapitre.
Nous aborderons donc aujourd'hui les formes ~てから, あとで, しだい et とたんに.
1) la forme en ~てから.
a) construction.
Ben c'est super simple : tu prends une forme en ~て et tu ajoutes から.
b) emploi.
La forme en ~てから s'emploie pour signifier qu'une action a lieu à la suite d'une autre. Note bien que c'est la même personne qui fait les deux actions. La forme en ~てから fait référence au temps qui commence après la première action.
Exemples :
- 帰ってから、宿題をすぐに やってくださいね。 Fais tes devoirs juste après être rentré, hein.
- フランスに帰ってから、何年になりますか。Ça va faire combien de temps que vous êtes rentrés en France ?
- 犬がいなかったのは、帰ってから気づいたんだ。C'est après être rentré que je me suis aperçu de l'absence du chien.
Tu as remarqué que j'ai insisté sur le fait que les événements qui se succédaient lorsqu'on utilise la forme ~てから doivent être des actions. C'est parce qu'il est très bizarre d'employer cette forme pour des événement indépendants de l'action du locuteur, particulièrement si le verbe de la deuxième action n'est pas exécuté par le locuteur.
Ex :
*帰ってから、雪が降り始めた。*Il s'est mis à neiger après que j'étais rentré.
*僕が帰ってから、妹が泣き出した。*Ma petite sœur s'est mise a pleurer après que j'étais rentré.
Pour ce genre d'occasion, on utilise あとで.
2) あとで
a) construction.
あと étant un substantif (後), on l'utilise comme d'habitude, à cette différence qu'on trouve une forme accomplie (~た) pour le qualifier. Ben oui : il faut bien que la première action soit accomplie avant que la deuxième ne se fasse.
Le で est souvent omis à l'oral.
b) emploi.
Contrairement à la forme en ~てから, la forme あとで permet justement l'expression d'une succession d'événements n'étant pas des actions du locuteur. Le temps exprimé par あとで n'est pas non plus restreint à un temps suivant directement l'évènement ; il peut s'agir de n'importe quelle partie du temps postérieure à l'événement.
Exemples :
- 僕が帰ったあと、妹が泣き出した。Ma petite sœur s'est mise a pleurer après que j'étais rentré.
- 雷が鳴った数秒のあとで、稲妻が空を切り裂いた。Des éclairs déchirèrent le ciel quelques secondes après que le tonnerre avait grondé.
3) 次第 (しだい)
a) construction.
Déjà, je te conseille de l'écrire en kanji. Ensuite, 次第 peut s'employer de différentes façons, mais le sens étant différent à chaque fois, tu feras bien attention quand tu verras un 次第 dans une phrase.
Le nôtre (enfin, les autres seront nôtres aussi dans quelques temps, donc disons "celui qu'on voit aujourd'hui"), il se reconnaît à 2 caractéristiques :
- il n'est suivi de rien d'autre que d'une virgule.
- il se greffe directement à la forme en -い des verbes ou à un substantif.
b) emploi.
次第 implique une condition de réalisation : il faut que l'action 1 ait lieu pour que l'action 2 ait lieu juste après. C'est l'équivalent de notre "dès que...", "aussitôt que...".
Exemples :
- 帰り次第、電話するよ。Je t'appelle dès que je suis rentré.
- 成功次第、連絡するのです。Contactez-moi dès que vous aurez réussi.
Attention : on n'emploie pas 次第 pour des constructions au passé. Pour ça, on a...
4) とたん (に)
Selon les cas, tu pourras le trouver en kanji (途端), c'est relativement courant.
a) construction.
D'abord, la première question que tu te poses, c'est évidemment : "Ho, Robert Patrick, t'as mis le に entre parenthèses, comment on sait quand il faut le mettre et quand il faut pas ?"
Ah punaise, ça y est, t'es rôdé, tu poses direct les bonnes questions. Mais d'abord, il faut que je t'explique dans quelles constructions on trouve 途端.
- après un verbe à la forme accomplie (~た).
- après その (mais PAS après この ou あの), puisque 途端 est un substantif.
- après une forme en ~たら.
Je sais que nous n'avons pas encore vu pour de vrai la forme en ~たら, mais comme elle est déjà apparue dans le chapitre sur ように, j'espère que tu as fait des recherches de ton côté.
Donc pour en revenir à ta question, la particule に est facultative avec les 2 premières formes et ne l'est pas avec la troisième.
Exemples :
- 家に帰った途端、電話が鳴った。 Au moment où je rentrais dans la maison, le téléphone a sonné.
- その途端、彼女が泣き出した。 Et juste à ce moment, elle s'est mise à pleurer.
- そのピーマンを噛んだら、途端に口がヒリヒリ痛くなった。J'avais à peine croqué le piment que j'avais la bouche en feu.
b) emploi.
J'imagine que tu as bien compris à quoi servait 途端, il y a cependant des conditions à son utilisation :
- l'événement qui arrive avec 途端 ne peut être une action volontaire lorsque le locuteur c'est toi. Lorsque tu effectues une action 1, l'événement qui survient avec 途端 doit te surprendre et non pas découler de ta première action.
- l'usage de 途端 avec une deuxième action volontaire est cependant toléré si le sujet est une 3è personne.
Oui, je sais, c'est pas juste, pourquoi elle est pas toi.
Ben réfléchis 2 secondes : justement parce que cette action de la 3è personne ne relève pas de TA volonté. Donc c'est assimilé à un événement qui te surprend. Convaincu ?
Exemple :
- *父を見た途端、逃げようと思った。*J'ai voulu m'enfuir au moment où j'ai vu mon père.
MAIS
- お父さんを見た途端、彼は逃げ出した。 A peine avait-il vu son père qu'il a déguerpi.
Nous aborderons donc aujourd'hui les formes ~てから, あとで, しだい et とたんに.
1) la forme en ~てから.
a) construction.
Ben c'est super simple : tu prends une forme en ~て et tu ajoutes から.
b) emploi.
La forme en ~てから s'emploie pour signifier qu'une action a lieu à la suite d'une autre. Note bien que c'est la même personne qui fait les deux actions. La forme en ~てから fait référence au temps qui commence après la première action.
Exemples :
- 帰ってから、宿題をすぐに やってくださいね。 Fais tes devoirs juste après être rentré, hein.
- フランスに帰ってから、何年になりますか。Ça va faire combien de temps que vous êtes rentrés en France ?
- 犬がいなかったのは、帰ってから気づいたんだ。C'est après être rentré que je me suis aperçu de l'absence du chien.
Tu as remarqué que j'ai insisté sur le fait que les événements qui se succédaient lorsqu'on utilise la forme ~てから doivent être des actions. C'est parce qu'il est très bizarre d'employer cette forme pour des événement indépendants de l'action du locuteur, particulièrement si le verbe de la deuxième action n'est pas exécuté par le locuteur.
Ex :
*帰ってから、雪が降り始めた。*Il s'est mis à neiger après que j'étais rentré.
*僕が帰ってから、妹が泣き出した。*Ma petite sœur s'est mise a pleurer après que j'étais rentré.
Pour ce genre d'occasion, on utilise あとで.
2) あとで
a) construction.
あと étant un substantif (後), on l'utilise comme d'habitude, à cette différence qu'on trouve une forme accomplie (~た) pour le qualifier. Ben oui : il faut bien que la première action soit accomplie avant que la deuxième ne se fasse.
Le で est souvent omis à l'oral.
b) emploi.
Contrairement à la forme en ~てから, la forme あとで permet justement l'expression d'une succession d'événements n'étant pas des actions du locuteur. Le temps exprimé par あとで n'est pas non plus restreint à un temps suivant directement l'évènement ; il peut s'agir de n'importe quelle partie du temps postérieure à l'événement.
Exemples :
- 僕が帰ったあと、妹が泣き出した。Ma petite sœur s'est mise a pleurer après que j'étais rentré.
- 雷が鳴った数秒のあとで、稲妻が空を切り裂いた。Des éclairs déchirèrent le ciel quelques secondes après que le tonnerre avait grondé.
3) 次第 (しだい)
a) construction.
Déjà, je te conseille de l'écrire en kanji. Ensuite, 次第 peut s'employer de différentes façons, mais le sens étant différent à chaque fois, tu feras bien attention quand tu verras un 次第 dans une phrase.
Le nôtre (enfin, les autres seront nôtres aussi dans quelques temps, donc disons "celui qu'on voit aujourd'hui"), il se reconnaît à 2 caractéristiques :
- il n'est suivi de rien d'autre que d'une virgule.
- il se greffe directement à la forme en -い des verbes ou à un substantif.
b) emploi.
次第 implique une condition de réalisation : il faut que l'action 1 ait lieu pour que l'action 2 ait lieu juste après. C'est l'équivalent de notre "dès que...", "aussitôt que...".
Exemples :
- 帰り次第、電話するよ。Je t'appelle dès que je suis rentré.
- 成功次第、連絡するのです。Contactez-moi dès que vous aurez réussi.
Attention : on n'emploie pas 次第 pour des constructions au passé. Pour ça, on a...
4) とたん (に)
Selon les cas, tu pourras le trouver en kanji (途端), c'est relativement courant.
a) construction.
D'abord, la première question que tu te poses, c'est évidemment : "Ho, Robert Patrick, t'as mis le に entre parenthèses, comment on sait quand il faut le mettre et quand il faut pas ?"
Ah punaise, ça y est, t'es rôdé, tu poses direct les bonnes questions. Mais d'abord, il faut que je t'explique dans quelles constructions on trouve 途端.
- après un verbe à la forme accomplie (~た).
- après その (mais PAS après この ou あの), puisque 途端 est un substantif.
- après une forme en ~たら.
Je sais que nous n'avons pas encore vu pour de vrai la forme en ~たら, mais comme elle est déjà apparue dans le chapitre sur ように, j'espère que tu as fait des recherches de ton côté.
Donc pour en revenir à ta question, la particule に est facultative avec les 2 premières formes et ne l'est pas avec la troisième.
Exemples :
- 家に帰った途端、電話が鳴った。 Au moment où je rentrais dans la maison, le téléphone a sonné.
- その途端、彼女が泣き出した。 Et juste à ce moment, elle s'est mise à pleurer.
- そのピーマンを噛んだら、途端に口がヒリヒリ痛くなった。J'avais à peine croqué le piment que j'avais la bouche en feu.
b) emploi.
J'imagine que tu as bien compris à quoi servait 途端, il y a cependant des conditions à son utilisation :
- l'événement qui arrive avec 途端 ne peut être une action volontaire lorsque le locuteur c'est toi. Lorsque tu effectues une action 1, l'événement qui survient avec 途端 doit te surprendre et non pas découler de ta première action.
- l'usage de 途端 avec une deuxième action volontaire est cependant toléré si le sujet est une 3è personne.
Oui, je sais, c'est pas juste, pourquoi elle est pas toi.
Ben réfléchis 2 secondes : justement parce que cette action de la 3è personne ne relève pas de TA volonté. Donc c'est assimilé à un événement qui te surprend. Convaincu ?
Exemple :
- *父を見た途端、逃げようと思った。*J'ai voulu m'enfuir au moment où j'ai vu mon père.
MAIS
- お父さんを見た途端、彼は逃げ出した。 A peine avait-il vu son père qu'il a déguerpi.
dimanche 3 mai 2009
Commentaires.
Bon, les manos, je vous la fais courte, mais vous inquiétez pas, il se pourrait que j'aie beaucoup plus de temps à consacrer à cette méthode dans les mois à venir...
Juste pour vous dire que lorsque vous postez des commentaires, faites attention de bien les poster dans l'article correspondant à votre demande et à étoffer un peu la question de façon à ce que je puisse repérer à la suite de quel article votre question a été posée.
En effet, la méthode commence à avoir un paquet de pages et je peux pas me retaper la lecture de chaque article pour trouver où vous avez posé votre question style "je ne comprends pas l'usage de la particule に dans ta phrase".
L'idéal serait une citation d'une partie de l'article (genre une phrase d'exemple), qui me permettrait de trouver immédiatement (= CTRL+F) de quoi vous me parlez.
On reprend les leçons cette semaine avec un tas de trucs super utiles...
Juste pour vous dire que lorsque vous postez des commentaires, faites attention de bien les poster dans l'article correspondant à votre demande et à étoffer un peu la question de façon à ce que je puisse repérer à la suite de quel article votre question a été posée.
En effet, la méthode commence à avoir un paquet de pages et je peux pas me retaper la lecture de chaque article pour trouver où vous avez posé votre question style "je ne comprends pas l'usage de la particule に dans ta phrase".
L'idéal serait une citation d'une partie de l'article (genre une phrase d'exemple), qui me permettrait de trouver immédiatement (= CTRL+F) de quoi vous me parlez.
On reprend les leçons cette semaine avec un tas de trucs super utiles...
mardi 14 avril 2009
Cloud et Tifa font des kanji...
Figure-toi que cette semaine est sorti Final Fantasy VII sur PS3. C'est-à-dire la version PS1, ouais ouais, le vieux jeu tout moche, pas le remake magnifique qu'ils sortiront dans 2 ans (toi-même tu sais).
Bon. Je me suis évidemment jeté dessus, et c'est donc la première fois que je fais le jeu en japonais (première fois en français, prêté par un pote, et puis mon exemplaire à moi, version US de l'époque où je faisais pas encore du japonais, et qui vaut maintenant une petite fortune...).
Premier constat : bordel de merde, mais c'est BLINDÉ de hiragana, on se croirait encore sur SNES !
Deuxième constat : Tiens, c'est marrant, les limites de Yuffie sont presque toutes des yojijukugo.
Nous allons donc profiter de la sortie de FF7 pour apprendre quelques yojijukugo (四字熟語).
1) construction.
Comme leur nom l'indique, les 四字熟語 sont des composés (熟語) de 4 caractères (四字).
Comme leur nom ne l'indique pas, il s'agit de composés souvent d'origine chinoise, donc on a droit à des formules qui sont des additions de 1+1+2 (genre 呉越同舟) ou 2+2 (genre 八方美人), ou encore le préféré de Sinclair : 1+1+1+1 (genre 喜怒哀楽), ou même encore plein de combinaisons.
Bref, ne crois pas que tu vas pouvoir les analyser comme tu le fais avec des composés purement japonais, d'autant que certains sont liés à une histoire dont ils sont généralement le résumé, donc autant dire que derrière chaque caractère se cache une explication d'une demi-page...
2) emploi.
Alors ou tu es Chinois et tu discutes avec des Chinois, auquel cas te prive pas, mets-en plein la conversation (parce qu'en chinois c'est normal), ou tu es pas Chinois et tu discutes avec des Japonais, et tu seras bien gentil de faire preuve de parcimonie, faute de quoi tu passeras pour un gros prétentieux qui veut se la péter.
Je n'ai rien contre le fait de se la péter, bien au contraire, mais il faut se la péter avec classe. Donc sortir l'expression qu'il faut au moment où il faut.
Bon.
Passons à l'analyse des limites de la p'tite mère Yuffie :
Limites de niveau 1
疾風迅雷 (しっぷうじんらい) : 疾風, je fais pas l'insulte de l'expliquer au Narutard que tu es (ne nie pas), sache juste qu'on le prononce aussi はやて, et que comme d'hab', la lecture kun d'un composé c'est toujours la classe.
迅雷, on va le décomposer :
- 迅, c'est aussi l'adjectif はやい (donc 迅い), comme les deux que tu connais déjà (早い, 速い).
- 雷, c'est la Foudre, au sens zeusséen (au Japon ?!) du terme. Techniquement, l'éclair c'est 稲妻 (いなずま), et 雷 (prononcé かみなり), c'est le tonnerre. MAIS si tu le prononces いかずち, ça devient la Foudre, genre les Dieux sont pas contents, tout ça.
Donc le sens du composé 迅雷 serait "rapide comme la foudre". Associé au vent violent, tu peux y voir une simple addition, mais on utilise plutôt le terme pour désigner quelque chose de violent qui arrive très rapidement (un peu l'équivalent de l'anglais "thunderstruck"). Genre une grosse série de coups de pieds dans la gueule.
明鏡止水 (めいきょうしすい) : 明鏡, aussi prononcé めいけい, c'est le miroir que rien ne trouble, ni les défauts de fabrication (je te rappelle qu'à l'époque où sont nées ces expressions, les miroirs étaient fabriqués artisanalement, alors le zéro défaut, c'était le nec plus ultra), ni les traces de doigts de ton copain qui vient de passer la main dans ses cheveux ou sur son nez. Le miroir ni-ckel.
止水, c'est l'eau que rien ne perturbe, pas le moindre souffle de vent, pas la moindre ride à la surface, rien.
Eh ben ton cœur il doit être comme ça, 明鏡止水. Pas en train de courir pour les soldes, pas penser à 2000 trucs que tu dois faire dans la journée, pas tripoter ton portable dans le métro parce que t'es incapable de rester 30 secondes sans t'occuper l'esprit.
明鏡止水, c'est la sérénité.
Limites de niveau 2
抜山蓋世 (ばつざんがいせい) : se dit de celui dont la force est capable d'arracher les montagnes (山を抜く) et dont la volonté pourrait recouvrir le monde (世界を蓋う). Ce 四字熟語 est tiré d'un poème chinois composé lors de la bataille de Gaixia (je te laisse draguer le net pour parfaire ta culture générale).
Limites de niveau 3
鎧袖一触 (がいしゅういっしょく) : se dit lorsqu'on se débarrasse facilement d'un adversaire.
鎧袖, c'est "une manche d'armure" et 一触 "un simple contact", l'idée est donc qu'un simple revers de manche suffit à se débarrasser d'un adversaire, soit pour insister sur la puissance d'une personne, soit pour insister sur la faiblesse de l'adversaire.
生者必滅 (しょうじゃひつめつ) : précepte bouddhique qui signifie que "tous les êtres vivants" (生者) finissent inéluctablement (必) par disparaître (滅).
En règle générale, 生 se prononce しょう (et pas せい) en lecture bouddhique, donc dès que tu vois un truc qui sent un peu le bouddhisme, tu sais comment le lire.
Limite de niveau 4
森羅万象 (しんらばんしょう) : très probablement choisi pour le jeu de mot sur しんら (écrit 神羅 dans le jeu lorsqu'il s'agit de la compagnie des "méchants"), ce composé signifie "toutes les choses" (万象) qui sont dans l'univers (森羅).
Bonus
Il y a une limite de Cloud qui est également un 四字熟語, il s'agit de 画龍点睛, qui se prononce がりょうてんせい, donc tu feras gaffe.
L'expression veut dire "ajouter les yeux au dragon", parce que lorsqu'on dessine un dragon en Asie, on dessine les yeux en dernier, il s'agit donc de la touche finale et c'est lorsqu'on ajoute la touche finale à quelque chose qu'on emploie cette expression.
Sur ce, je me barre au Japon, on se revoit début mai ! (et non, je serai pas dispo cette fois-ci, j'y vais pas en vacances).
Bon. Je me suis évidemment jeté dessus, et c'est donc la première fois que je fais le jeu en japonais (première fois en français, prêté par un pote, et puis mon exemplaire à moi, version US de l'époque où je faisais pas encore du japonais, et qui vaut maintenant une petite fortune...).
Premier constat : bordel de merde, mais c'est BLINDÉ de hiragana, on se croirait encore sur SNES !
Deuxième constat : Tiens, c'est marrant, les limites de Yuffie sont presque toutes des yojijukugo.
Nous allons donc profiter de la sortie de FF7 pour apprendre quelques yojijukugo (四字熟語).
1) construction.
Comme leur nom l'indique, les 四字熟語 sont des composés (熟語) de 4 caractères (四字).
Comme leur nom ne l'indique pas, il s'agit de composés souvent d'origine chinoise, donc on a droit à des formules qui sont des additions de 1+1+2 (genre 呉越同舟) ou 2+2 (genre 八方美人), ou encore le préféré de Sinclair : 1+1+1+1 (genre 喜怒哀楽), ou même encore plein de combinaisons.
Bref, ne crois pas que tu vas pouvoir les analyser comme tu le fais avec des composés purement japonais, d'autant que certains sont liés à une histoire dont ils sont généralement le résumé, donc autant dire que derrière chaque caractère se cache une explication d'une demi-page...
2) emploi.
Alors ou tu es Chinois et tu discutes avec des Chinois, auquel cas te prive pas, mets-en plein la conversation (parce qu'en chinois c'est normal), ou tu es pas Chinois et tu discutes avec des Japonais, et tu seras bien gentil de faire preuve de parcimonie, faute de quoi tu passeras pour un gros prétentieux qui veut se la péter.
Je n'ai rien contre le fait de se la péter, bien au contraire, mais il faut se la péter avec classe. Donc sortir l'expression qu'il faut au moment où il faut.
Bon.
Passons à l'analyse des limites de la p'tite mère Yuffie :
Limites de niveau 1
疾風迅雷 (しっぷうじんらい) : 疾風, je fais pas l'insulte de l'expliquer au Narutard que tu es (ne nie pas), sache juste qu'on le prononce aussi はやて, et que comme d'hab', la lecture kun d'un composé c'est toujours la classe.
迅雷, on va le décomposer :
- 迅, c'est aussi l'adjectif はやい (donc 迅い), comme les deux que tu connais déjà (早い, 速い).
- 雷, c'est la Foudre, au sens zeusséen (au Japon ?!) du terme. Techniquement, l'éclair c'est 稲妻 (いなずま), et 雷 (prononcé かみなり), c'est le tonnerre. MAIS si tu le prononces いかずち, ça devient la Foudre, genre les Dieux sont pas contents, tout ça.
Donc le sens du composé 迅雷 serait "rapide comme la foudre". Associé au vent violent, tu peux y voir une simple addition, mais on utilise plutôt le terme pour désigner quelque chose de violent qui arrive très rapidement (un peu l'équivalent de l'anglais "thunderstruck"). Genre une grosse série de coups de pieds dans la gueule.
明鏡止水 (めいきょうしすい) : 明鏡, aussi prononcé めいけい, c'est le miroir que rien ne trouble, ni les défauts de fabrication (je te rappelle qu'à l'époque où sont nées ces expressions, les miroirs étaient fabriqués artisanalement, alors le zéro défaut, c'était le nec plus ultra), ni les traces de doigts de ton copain qui vient de passer la main dans ses cheveux ou sur son nez. Le miroir ni-ckel.
止水, c'est l'eau que rien ne perturbe, pas le moindre souffle de vent, pas la moindre ride à la surface, rien.
Eh ben ton cœur il doit être comme ça, 明鏡止水. Pas en train de courir pour les soldes, pas penser à 2000 trucs que tu dois faire dans la journée, pas tripoter ton portable dans le métro parce que t'es incapable de rester 30 secondes sans t'occuper l'esprit.
明鏡止水, c'est la sérénité.
Limites de niveau 2
抜山蓋世 (ばつざんがいせい) : se dit de celui dont la force est capable d'arracher les montagnes (山を抜く) et dont la volonté pourrait recouvrir le monde (世界を蓋う). Ce 四字熟語 est tiré d'un poème chinois composé lors de la bataille de Gaixia (je te laisse draguer le net pour parfaire ta culture générale).
Limites de niveau 3
鎧袖一触 (がいしゅういっしょく) : se dit lorsqu'on se débarrasse facilement d'un adversaire.
鎧袖, c'est "une manche d'armure" et 一触 "un simple contact", l'idée est donc qu'un simple revers de manche suffit à se débarrasser d'un adversaire, soit pour insister sur la puissance d'une personne, soit pour insister sur la faiblesse de l'adversaire.
生者必滅 (しょうじゃひつめつ) : précepte bouddhique qui signifie que "tous les êtres vivants" (生者) finissent inéluctablement (必) par disparaître (滅).
En règle générale, 生 se prononce しょう (et pas せい) en lecture bouddhique, donc dès que tu vois un truc qui sent un peu le bouddhisme, tu sais comment le lire.
Limite de niveau 4
森羅万象 (しんらばんしょう) : très probablement choisi pour le jeu de mot sur しんら (écrit 神羅 dans le jeu lorsqu'il s'agit de la compagnie des "méchants"), ce composé signifie "toutes les choses" (万象) qui sont dans l'univers (森羅).
Bonus
Il y a une limite de Cloud qui est également un 四字熟語, il s'agit de 画龍点睛, qui se prononce がりょうてんせい, donc tu feras gaffe.
L'expression veut dire "ajouter les yeux au dragon", parce que lorsqu'on dessine un dragon en Asie, on dessine les yeux en dernier, il s'agit donc de la touche finale et c'est lorsqu'on ajoute la touche finale à quelque chose qu'on emploie cette expression.
Sur ce, je me barre au Japon, on se revoit début mai ! (et non, je serai pas dispo cette fois-ci, j'y vais pas en vacances).
mercredi 8 avril 2009
Robert Patrick répond aux questions que tu ne te poses pas (again).
Je me propose aujourd'hui de t'expliquer la différence entre "viser" (目指す) et "viser" (狙う).
目指す, c'est avoir un objectif, un but, un idéal. Je ne rentrerai pas dans une dichotomie "concret/abstrait", vu qu'un but peut très bien être concret, donc c'est pas la question. Mais disons que 目指す s'utilise avec des concepts : 目指す, c'est pour quelque chose à "atteindre", tandis que 狙う c'est pour quelque chose à "obtenir". Dans les deux cas, particule を.
Je te donne des exemples :
1) tu parles d'une éducation qui ferait que tous les enfants sortent de l'école en sachant lire, écrire et compter : 目指す. On est dans le concept. L'éducation, c'est pas un truc que tu peux rapporter chez toi et poser sur la cheminée.
2) tu parles de la victoire de ton équipe dans le prochain match : 狙う. T'auras ta médaille ou ta coupe à la main.
3) tu parles d'une procédure pour obtenir zéro accidents de voitures, ou zéro chômeurs, ou 100% de guérison dans tes hôpitaux : 目指す. Ce que tu vises, c'est un état (状態/状況), quelque chose de concret mais que tu peux pas prendre dans ta main pour le maintenir.
4) tu veux te taper la plus jolie fille de la classe, la seule qui a une dentition correcte : 狙う. Elle sera tienne, oh oui...
Pour faire plus "concret", disons que 目指す s'emploie quand on prend une photo et que t'es pas dessus (ceci est une métaphore, hein), alors qu'avec 狙う, t'es sur la photo.
目指す, c'est avoir un objectif, un but, un idéal. Je ne rentrerai pas dans une dichotomie "concret/abstrait", vu qu'un but peut très bien être concret, donc c'est pas la question. Mais disons que 目指す s'utilise avec des concepts : 目指す, c'est pour quelque chose à "atteindre", tandis que 狙う c'est pour quelque chose à "obtenir". Dans les deux cas, particule を.
Je te donne des exemples :
1) tu parles d'une éducation qui ferait que tous les enfants sortent de l'école en sachant lire, écrire et compter : 目指す. On est dans le concept. L'éducation, c'est pas un truc que tu peux rapporter chez toi et poser sur la cheminée.
2) tu parles de la victoire de ton équipe dans le prochain match : 狙う. T'auras ta médaille ou ta coupe à la main.
3) tu parles d'une procédure pour obtenir zéro accidents de voitures, ou zéro chômeurs, ou 100% de guérison dans tes hôpitaux : 目指す. Ce que tu vises, c'est un état (状態/状況), quelque chose de concret mais que tu peux pas prendre dans ta main pour le maintenir.
4) tu veux te taper la plus jolie fille de la classe, la seule qui a une dentition correcte : 狙う. Elle sera tienne, oh oui...
Pour faire plus "concret", disons que 目指す s'emploie quand on prend une photo et que t'es pas dessus (ceci est une métaphore, hein), alors qu'avec 狙う, t'es sur la photo.
samedi 4 avril 2009
Robert Patrick t'en met plein la gueule.
Bon, gars, je sais que t'es là pour apprendre la langue japonaise, mais là il est 1h42 du matin, alors je vais te faire part de mes réflexions sur les japonisants, de sorte que tu ne deviennes pas un des ces abrutis qui "adorent la culture japonaise".
Le japonais, c'est comme le reste : il y a la technique, et puis il y a ce qu'on en fait. Quel est l'intérêt d'être le meilleur coup du monde si on se tape que des moches ?
Donc la plupart des japonisants, ils sont à fond dans la langue japonaise, les kanji, le 1-kyû, et toutes ces choses qui n'ont rapport qu'avec la technique. Ils en oublient la réalité du Japon.
Mais ils crient quand même sur tous les toits qu'ils "adorent la culture japonaise".
Ça, c'est un truc que j'adore chez les japonisants, et plus ils sont balaises en japonais, plus tu peux les prendre en défaut.
Genre le mec qui a lu tout Sôseki mais qui ne sait pas qui est Doraemon, tu vois.
Parce que, à la base, la CULTURE, tu vois, c'est quelque chose qui se retrouve de façon assez homogène dans un peuple. T'auras remarqué qu'on parle pas de culture quand ça concerne une info que seulement 3 pékins se partagent.
Et laisse-moi te dire qu'il n'y a PAS UN SEUL Japonais qui ne connaît pas Doraemon, alors que, bien évidemment, ils ne sont qu'une minorité à s'être tapés du Sôseki pour de vrai.
Donc toi t'arrives au Japon, la tête pleine de kanji que t'es le seul à savoir lire, ton diplôme de japonais sous le bras, et comme une grosse tête de con, t'es persuadé que tu connais la culture japonaise parce que t'as lu plein d'auteurs japonais.
Mais tu connais pas le générique de Chibi Maruko-Chan. Ni Ultraman, ni Kamen Rider. Et tu connais rien à Gundam.
Alors que Gundam, si tu veux, c'est juste la religion officielle du Japon depuis 30 ans.
Donc ouais, t'es incollable sur le shintô et le bouddhisme, mais t'es pas à jour. Un peu comme si tu pensais que la capitale du Japon, c'est Edo, tu vois.
Donc quand tu vas en plus dire aux Japonais que t'adores leur culture, tu feras pas l'étonné s'ils te regardent avec des grands yeux, parce qu'ils seront en train de se demander de quelle culture tu veux parler.
Je vais te donner un exemple : récemment je joue à ce jeu extraordinaire qu'est Ôkami. En japonais, évidemment. Et ce jeu est blindé de références à la culture japonaise. Dans chaque nom de personnage, dans chaque scène, ça suinte la culture japonaise par tous les trous.
Et si tu connais pas la VRAIE culture japonaise, ben tu passes à côté de toute la subtilité du truc.
Par exemple, toi qui ADORES la culture japonaise, est-ce que tu pourrais me raconter les histoires de Kaguya Hime, Momotarô, Kintarô, Urashima Tarô ? Avec les noms de lieux, et les noms de persos ?
Ben les Japonais ils peuvent. Est-ce que tu imagines un Français qui connaîtrait pas les histoires du Petit Chaperon Rouge, du Petit Poucet, de Hansel et Gretel ou du Chat Botté ?
Ça fait partie de notre culture populaire, de notre folklore.
Eh ben pareil pour les Japonais, ils ont aussi des contes que tout le monde connaît, et si toi tu débarques sans les connaître ben tu vas juste passer pour une buse (comme le mec qui a rédigé la FAQ de Ôkami, par exemple, et qui trouve que la dernière scène impliquant Kaguya Hime est "utterly strange and borderline surreal", alors qu'en fait c'est complètement raccord avec le conte).
Donc moi, ça me fait toujours marrer ce dédain affiché de certains pour la culture populaire ou "sous-culture" ; les mecs ils ont la gueule dans leurs bouquins et ils sont complètement à côté de la plaque.
Parce que qui dit "référence culturelle", dit "tout le monde est au courant". Donc les contes dont je t'ai parlé plus haut sont bien évidemment utilisés dans la communication et la publicité au Japon.
Du Momotarô, t'en manges à chaque coin de rue.
La culture, la vraie, c'est important. C'est la base d'expressions populaires, de proverbes, etc.
Think about it.
Le japonais, c'est comme le reste : il y a la technique, et puis il y a ce qu'on en fait. Quel est l'intérêt d'être le meilleur coup du monde si on se tape que des moches ?
Donc la plupart des japonisants, ils sont à fond dans la langue japonaise, les kanji, le 1-kyû, et toutes ces choses qui n'ont rapport qu'avec la technique. Ils en oublient la réalité du Japon.
Mais ils crient quand même sur tous les toits qu'ils "adorent la culture japonaise".
Ça, c'est un truc que j'adore chez les japonisants, et plus ils sont balaises en japonais, plus tu peux les prendre en défaut.
Genre le mec qui a lu tout Sôseki mais qui ne sait pas qui est Doraemon, tu vois.
Parce que, à la base, la CULTURE, tu vois, c'est quelque chose qui se retrouve de façon assez homogène dans un peuple. T'auras remarqué qu'on parle pas de culture quand ça concerne une info que seulement 3 pékins se partagent.
Et laisse-moi te dire qu'il n'y a PAS UN SEUL Japonais qui ne connaît pas Doraemon, alors que, bien évidemment, ils ne sont qu'une minorité à s'être tapés du Sôseki pour de vrai.
Donc toi t'arrives au Japon, la tête pleine de kanji que t'es le seul à savoir lire, ton diplôme de japonais sous le bras, et comme une grosse tête de con, t'es persuadé que tu connais la culture japonaise parce que t'as lu plein d'auteurs japonais.
Mais tu connais pas le générique de Chibi Maruko-Chan. Ni Ultraman, ni Kamen Rider. Et tu connais rien à Gundam.
Alors que Gundam, si tu veux, c'est juste la religion officielle du Japon depuis 30 ans.
Donc ouais, t'es incollable sur le shintô et le bouddhisme, mais t'es pas à jour. Un peu comme si tu pensais que la capitale du Japon, c'est Edo, tu vois.
Donc quand tu vas en plus dire aux Japonais que t'adores leur culture, tu feras pas l'étonné s'ils te regardent avec des grands yeux, parce qu'ils seront en train de se demander de quelle culture tu veux parler.
Je vais te donner un exemple : récemment je joue à ce jeu extraordinaire qu'est Ôkami. En japonais, évidemment. Et ce jeu est blindé de références à la culture japonaise. Dans chaque nom de personnage, dans chaque scène, ça suinte la culture japonaise par tous les trous.
Et si tu connais pas la VRAIE culture japonaise, ben tu passes à côté de toute la subtilité du truc.
Par exemple, toi qui ADORES la culture japonaise, est-ce que tu pourrais me raconter les histoires de Kaguya Hime, Momotarô, Kintarô, Urashima Tarô ? Avec les noms de lieux, et les noms de persos ?
Ben les Japonais ils peuvent. Est-ce que tu imagines un Français qui connaîtrait pas les histoires du Petit Chaperon Rouge, du Petit Poucet, de Hansel et Gretel ou du Chat Botté ?
Ça fait partie de notre culture populaire, de notre folklore.
Eh ben pareil pour les Japonais, ils ont aussi des contes que tout le monde connaît, et si toi tu débarques sans les connaître ben tu vas juste passer pour une buse (comme le mec qui a rédigé la FAQ de Ôkami, par exemple, et qui trouve que la dernière scène impliquant Kaguya Hime est "utterly strange and borderline surreal", alors qu'en fait c'est complètement raccord avec le conte).
Donc moi, ça me fait toujours marrer ce dédain affiché de certains pour la culture populaire ou "sous-culture" ; les mecs ils ont la gueule dans leurs bouquins et ils sont complètement à côté de la plaque.
Parce que qui dit "référence culturelle", dit "tout le monde est au courant". Donc les contes dont je t'ai parlé plus haut sont bien évidemment utilisés dans la communication et la publicité au Japon.
Du Momotarô, t'en manges à chaque coin de rue.
La culture, la vraie, c'est important. C'est la base d'expressions populaires, de proverbes, etc.
Think about it.
lundi 30 mars 2009
Check à droite.
J'ai ajouté une section "liens", à droite, sous mon profil.
J'essaierai de m'en tenir à des sites en japonais, pour que tu comprennes la langue dans la langue.
Commme pour le reste, une suggestion de Robert Patrick équivaut à un ordre.
J'essaierai de m'en tenir à des sites en japonais, pour que tu comprennes la langue dans la langue.
Commme pour le reste, une suggestion de Robert Patrick équivaut à un ordre.
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